Spécificités du cru

La « complantation » et le bail à complant

Aujourd’hui, les vignes sont encore travaillées à la main par une multitude de petits exploitants, et ce malgré la « révolution industrielle agricole ». Ils ont maintenu un mode de faire-valoir, la « complantation », pratique culturale qui date du IXème siècle et qui a résisté à toutes les crises viticoles de ces dernières décennies.

Le bail à complant – dit à « souche morte » – a permis pendant plus d’un siècle a des gens modestes de disposer de terre appartenant à des propriétaires qui leur laissaient la copropriété de ladite parcelle et à condition qu’il y ait toujours des souches vivantes à la surface du sol. Ce partage de la terre, le sol nu et la terre plantée, a permis, à une époque où le cépage n’avait pas l’importance qu’il a aujourd’hui, de maintenir un vignoble « hors d’âge » en l’état, à moindre coût, en greffant sur place et en modifiant ainsi progressivement l’encépagement au gré des capacités d’adaptation analysées, certes sommairement, mais avec un discernement qui, s’il n’est pas scientifique, n’en n’a pas moins une grande valeur expérimentale. C’est de cette façon que durant toute la période d’avant-guerre, des grenaches gris ont été conplantés, les vignerons ayant observé qu’ils étaient moins fragiles que le noir, la sélection se faisant par tris successifs en fonction du cépage et de la maturité du raisin. Ces grenaches gris permettent aujourd’hui de produire de superbes vins blancs en Banyuls comme en Collioure.
 

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